N° 3 > 2011 | Images hors cadre ? > Photographier les ouvriers des savonneries de Naplouse, Revue Science and Video

Images hors Cadre ? L’identité entre lieu et mémoire : perspectives moyen-orientales et latino-américaines

N° 3 > 2011

Coordonné par Naili Falestin 

Boutique de chaussures, Chui (Brésil), 2004. Photo : Cecilia Baeza
Docteure en science politique de l'Institut d'Études Politiques de Paris (Sciences Po). Spécialiste des diasporas, elle travaille sur le rapport des Palestiniens d'Amérique latine à la question palestinienne.
A la savonnerie Tûqân, les ouvriers posent pour la photo. Photo : Véronique Bontemps
Véronique Bontemps est post-doctorante à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), Unité de Recherche Migrations et Société (Urmis, UMR 205). Elle a soutenu en 2009 une thèse sur les pratiques citadines et le rapport au passé à Naplouse à partir de l'étude des mondes de la savonnerie. Ses recherches portent actuellement sur les pratiques de mobilités et sur les échanges entre les deux rives du Jourdain (Cisjordanie et Jordanie).
De la catégorie "désert", que l'on peut retrouver dans la banque données des images, disponible sur le site de la Royal Film Commission (http://www.film.jo/en.php).
Cet article s’appuie sur le suivi du séjour d'une équipe française de cinéma en Jordanie, mais aussi sur une partie des observations réalisées lors d’une enquête ethnographique menée par l'auteur sur la Royal Film Commission...
N° 3 > 2011 | Images hors cadre ? > Photographier les ouvriers des savonneries de Naplouse, Revue Science and Video
Les articles, rassemblés dans ce numéro, abordent la question du lien entre l’image et son cadre à partir de terrains moyen-orientaux et latino-americains et de perspectives disciplinaires diverses. Des questionnements communs parcourent ce numéro. Ils concernent le rapport entre identité et altérité, absence et présence, intérieur et extérieur...
Action en dehors du cadre
Réalisatrice et chercheuse d’origine libanaise, elle a participé à la réalisation de plusieurs documentaires et courts-métrages. Elle s’intéresse au cinéma Proche-Orient.
Cet article propose une analyse du documentaire "Beit Yala Forever" réalisé et monté par Alberto Nazal, entrepreneur prospère d’origine palestinienne né au Chili dans les années cinquante. Il s’agira de saisir le processus de (re)construction de la mémoire chez un descendant de Palestiniens au Chili, et les enjeux qu’il implique. Sarah Limorté a effectué plusieurs séjours de recherche au Moyen-Orient (Egypte, Liban, Yémen) et au Chili. Elle s'intéresse en particulier à l'histoire du peuple palestinien et à la construction des appartenances en exil.
Annelies Moors est spécialiste des sociétés musulmanes contemporaines. Ses publications traitent des questions de genre, de Nation et de religion.


« Images hors cadre ? » pose la question de la gestion des images du point de vue des sciences humaines et sociales, question aux dimensions épistémologiques, éthiques et esthétiques. Dotée d’une puissance universelle dont le texte est dépourvu de par son ancrage dans une langue, l’image est fondamentalement à la portée de tous, ce qui lui confère un caractère démocratique dont le texte ne jouit pas. Cette non-textualité est certainement en partie responsable de la méfiance envers l’image qui dominait jusqu’à récemment les sciences humaines et sociales, à l’exception de l’anthropologie. Cette dernière a adopté la photographie comme outil de terrain avant les autres disciplines malgré un cadrage particulier au début, notamment au sein de l’école comparatiste. L’image a donc trouvé sa place (ou plutôt ses places, car ses utilisations sont multiples) dans les sciences humaines et sociales.

L’image est aujourd’hui généralement reconnue comme un objet de recherche, un outil de terrain et une source de réflexion à part entière. Néanmoins, pour les sciences humaines et sociales fortement axées sur l’écriture, le rapport à l’image reste plus compliqué que celui au texte. Comparée au texte, l’image pose évidemment des problèmes heuristiques et sémiotiques qui méritent une attention particulière de la part des chercheurs en sciences humaines et sociales, mais elle est également une source d’informations et d’émotions très riche. C’est sans doute également son lien plus étroit avec le monde « subjectif » des émotions qui a longtemps rendu l’image « suspecte » aux yeux des scientifiques en quête d’objectivité.

Ce numéro de Science and Video s’est donné pour objectif de questionner :

– la production des images;– le rapport que les chercheurs, les photographes, les réalisateurs… et ceux qui les regardent établissent avec elles,– et leurs liens avec ceux qui figurent sur les images, la façon dont les images sont construites, exploitées, appropriées et cadrées.

Les articles, rassemblés dans ce numéro, abordent la question du lien entre l’image et son cadre à partir de terrains moyen-orientaux et latino-americains et de perspectives disciplinaires diverses.

Des questionnements communs parcourent ce numéro. Ils concernent le rapport entre identité et altérité, absence et présence, intérieur et extérieur.   [Suite]


* Photographie : Bethel excavations in 1954 / by James L. Kelso. Peasant women carrying baskets of earth from mound,  Matson Photo Service, photographer. Source : Library of Congress.